Le Merle Blanc, Brest
D'où vient ce nom ?


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Nul ne sait avec certitude d'où vient le nom de Merle Blanc, que porte peut-être depuis deux siècles un quartier de Brest. Plusieurs théories s'affrontent, que leurs partisans défendent avec d'autant plus de conviction qu'ils ne disposent d'aucune preuve et ne peuvent citer aucune source crédible.

On entend ainsi parler d'une confusion entre les mots "merle" et "maërl" ou du nom d'un navire ayant autrefois fait naufrage à proximité. Mais il peut tout aussi bien s'agir du souvenir d'un vrai merle blanc ayant niché il y a très longtemps dans le quartier, ou peut-être d'une appellation plus ou moins symbolique.



Une explication assez populaire localement fait intervenir une confusion phonétique avec le mot Maërl, qui désigne une algue rouge (Lithothamnion corallioides) à squelette calcaire ressemblant à du corail, commune en Rade de Brest et couramment employée comme amendement agricole. Le maërl aurait autrefois été régulièrement débarqué après dragage dans l'anse de Poullic al Lor, au pied du Merle Blanc, lorsque le port de commerce n'existait pas encore, et ce serait cette algue, blanchie au soleil, qui aurait donné son nom au quartier. Mais il existe bien d'autres lieux portant le nom de Merle Blanc, y compris fort loin de la mer comme à Tignes ou Épinal, pour lesquels une telle explication n'est pas envisageable. Il est peu vraisemblable qu'à Brest le Merle Blanc tire son nom d'une origine complètement différente de celle des autres noms de lieux semblables un peu partout ailleurs. D'autant que des considérations sur la prononciation sont de nature à accentuer le doute. Retour haut de page ]



Dans le quartier brestois du Merle Blanc en tous cas, le Merle européen (Turdus merula) est aujourd'hui encore un des oiseaux nicheurs les plus communs. Comme chacun sait, le mâle a normalement un plumage noir, avec un bec jaune orangé, et la femelle (la merlette) est d'un brun presque uniforme. Au hasard de la génétique apparaît cependant parfois un individu albinos. C'est très rare, au point d'avoir eu parfois les honneurs de la presse. Mais vous pouvez vous convaincre que cela existe en cliquant ici pour en voir des photos. Peut-être, il y a sans doute fort longtemps, un merle blanc a-t-il vécu dans le quartier, dont le souvenir se serait perpétué dans le nom du lieu. Plus récemment (vers 1975-1985), c'est sur le Plateau du Bouguen, à 2 ou 3 km vers le nord-ouest, que la présence de deux merles blancs nicheurs est successivement attestée à Brest, d'abord dans les broussailles du terrain vague où s'élevaient après la seconde guerre mondiale les baraques du relogement provisoire, puis dans les buissons bien ordonnés des jardins la Faculté des Sciences. Retour haut de page ]



On dit parfois aussi que Merle Blanc était le nom d'un navire ayant fait naufrage au pied de la falaise à une époque où celle-ci, en-dessous du Merle Blanc, tombait directement sur le rivage. L'événement aurait suffisamment marqué les esprits pour laisser le nom au quartier.

Il a bien existé, au 19è siècle, au moins un navire baptisé "Merle Blanc". Selon ce registre (en bas de la page 7), c'était un trois-mâts ayant Nantes pour port d'attache de 1842 à 1878. D'après des archives australiennes qui ont été un temps accessibles en ligne, il fréquentait plus ou moins régulièrement les ports de ce pays. Il a notamment débarqué des immigrants dans l'État de Victoria vers 1865 et fait escale à Sydney en 1869 et 1870 avec des passagers à bord. Ce navire aurait-il terminé sa carrière par un naufrage sur le rivage brestois en 1878 ? C'est à vérifier mais, même s'il en était ainsi, la date paraît un peu trop tardive pour que cet événement et ce navire aient pu donner son nom au quartier. Retour haut de page ]



Qu'il s'agisse du nom d'un navire, ou directement de celui du quartier, "Merle Blanc" pourrait avoir un sens plus ou moins symbolique ou proverbial. On en trouve des exemples dans le titre d'une oeuvre musicale d'Eugène Damaré (1840-1919), dans celui d'un conte d'Alfred de Musset, dans celui d'un journal satirique qui paraissait à Paris entre les deux guerres mondiales, ou encore dans un vers de cette chanson de Georges Brassens. Le tout premier Dictionnaire de l'Académie, au 17ème siècle, donnait déjà "merle blanc" comme une locution désignant quelque chose de très rare ou d'introuvable, souvent particulièrement précieux. S'agissant d'un humain, on dit d'ailleurs souvent dans le même sens "un oiseau rare".

À cet égard en tous cas, un vieux quartier pittoresque est à Brest, ville presque rasée pendant la seconde guerre mondiale et reconstruite dans un style assez peu convivial, un véritable merle blanc. Quelle qu'en soit l'origine, le quartier mérite bien son nom. Il mérite aussi qu'on le protège et le mette en valeur. Retour haut de page ]


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